24.05.2008
le rien à dire

De passage par un centre commercial pour accéder à la bibliothèque municipale de Lyon, j'ai pu observer du coin de l’œil le spectacle originel de nos temples occidentaux: un geyser artificiel faisant office d'autel d'Église vers lequel cheminait chaque paroissien tenant d'une main solennelle son sac plastique ou bien poussant d'un pas austère son berceau métallique. Le jet d'eau mystique amenait l'assemblée des pêcheurs, condamné au faible pouvoir d'achat terrestre, à regarder vers la trouée centrale de la nef d'un regard coupable et envieux: le divin liquide culminait jusqu'au deuxième étage mais, refusant d'atteindre le sommet de la voûte pour la briser par son suc dissolvant, il retombait dans son cercle matriciel, tel un Prométhée inversée, heureux de s'éclater en flaques dans l'océan de carreaux javellisés. Ainsi il enseignait: Élevez-vous, frères humains, gagnez le sommet de la Part-Dieu par les escalators et admirez la suprématie des oeuvres divines qui vous nourrissent l'âme, Carrefour, Darty, Décathlon... Mes archanges vous guideront. N'ayez crainte de ne voir la lumière du jour, quiconque entrera dans mes boutiques aura la vue éternelle, car je suis le bon patron qui solde sans compter.
Le monde contemporain conduit droit au mutisme et la seule jouissance possible n'est plus de l'ordre du langage.
L'enfer de la communication a javellisé toute pousse métaphorique car le marché nécessite un déictique absolu qui extermine toute horizon poétique.
Le plaisir tient donc désormais à nos prunelles, maigres organes médusés par le faux.
19:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.05.2008
frelon
Il peut être malodorant de toucher du doigt et de moudre avec une spatule chaque ustensile prévu pour les vacances. Mais toujours est-il que je sillone les routes de France depuis qu'on touche à mon porte-feuille. Au fait, je me souviens que toutes les heures d'océanographie se sont installées dans un abris-bus.
Voilà trois nuits passées dans ton engin.
Qui de tous les rares valets d'une certaine caste, dont on ne dira pas le nom mais dont on sait les crimes commis au final, s'appuie les mains sur son tablier?
C'est une fois que la ligne rouge est dépassée que l'on peut étudier le coeur de la cocotte, il pourrait sembler évident qu'il s'agit du peuple du musée grévin. Horreur est un faible mot si personne ne se soucie d'actualiser le prophète malgré ses lacets défaits. Soit, mais voilà les embûches grossies sous la lunette des dévots, d'une petite montée en musculature beaucoup de personnes interpretent le lactose induit sous mes aubergines futiles.
Bientôt il n'y aura plus rien du débris.
Fourmiller de ciment nous impose le silence du début du compostage à la fin de l'emmiétage, alors autant prévoir tout de suite le minimum de vieux pour divulger le prix de leur guitare véritable. Tellement de poterie lézardée qu'on en foulerait au pied le reste de brume, et à ce propos d'où peut-il bien s'accaparer l'oxygène? je ne crois pas une minute à la théorie du frein à main.
22:16 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
un jet
un jet
00:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
moisson or.

biche,
liliche, tas de danse au sérail
glaise suranimée par tout l'urbain
crysanthème planté dans du dard
moulage de plaies mille migales d'achat
sans susciter tampon branche oui
parfumé d'anges où l'algue rèche
prud'homme navire d'où bigarure en croute
tacitement brise à brosse d'orgeat
y pallier gangrène âpre par
dorénavent pourfendu liminaire si
bâtisse filé en toise cornue.
00:02 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : passer gauche portail tube
12.05.2008
Un certain coup
De part en part, une image cruciforme, assise et sereine, vitrifiant l'air. Peut-on imaginer parfum plus cru? Flux de métaux lents, pierre uniformément douce, ouïe qui naît ce soir là. De tout ce qu'il reste de mon voyage aux îles Galápagos, il ne reste que quelques lambeaux de toile cirée, du bout de laine emballé dans du sac, un type étonnant de nage ancestrale et des allumettes que l'on brûle. Naguère en surface, sous les lampions cernées de cristal, celui que l'on met en semence: que je te le rend sans paix, vois les teints secs au-delà tard mon suc! Oh que tes bras saignent de ne jamais éteindre, aigle corporel; tes beaux yeux commencent leur ronde au pas de marche, goutte à goutte, ils écoutent le malheur de notre personne, de sa fraise ludique, en lumière fracassée, rien d'ovale mais tout de pluie saignante, comment es-tu derrière les mille et un fauteuils? Hasardant par les rouages des rues, saluant barrière et traverse, Jean D'Ormesson branche sa télévision, que fait-il? "Je brise, Je brise le chalutier en moins les étourderies glacées que je moule ensuite pour les fourrer en liqueur or"
23:30 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voiture, creux, virgule, honneur, filet


